lundi 20 octobre 2014

Visite d’un site expérimental : modalités d’éclaircie commerciale

Samedi 18 octobre, la fin de la matinée et l’après-midi étaient consacrés à des excursions sur le terrain, dans le Bas-Saint-Laurent.

La première visite portait sur un dispositif d’expérimentation suivi par la Conférence régionale des élus du Bas Saint-Laurent, un organisme qui coordonne des projets de recherche appliquée au niveau du territoire régional.

Le peuplement étudié est une plantation d’épinette noire (Picea mariana) installée en 1984, qui a été regarnie en 1987 avec de l’épinette blanche (Picea glauca) et où le Sapin est apparu naturellement. Il faut préciser que la plantation a été réalisée dans un contexte épidémique de tordeuse des bourgeons d’épinette, qui comme son nom ne l’indique pas, est un défoliateur qui s’attaque préférentiellement au Sapin baumier. C’est pourquoi la présence de Sapin n’était pas recherchée.
Le peuplement a subi 2 traitements phytocides (dont le dernier en 1990, juste avant l’interdiction de ce type d’intervention en 1991), puis une éclaircie pré-commerciale. La densité des peuplements avant intervention était d’environ 2500 tiges/ha avant intervention.


Peuplement avant intervention

La région représente env. 950 000 ha de forêts, dont env. 130 000 ha de plantations comparables aux peuplements étudiés, et autant de peuplements naturels ayant subi des éclaircies commerciales (soient env. 25 % de peuplements aménagés intensivement).
A noter que l’expérimentation s’inscrit aussi dans le contexte d’une nouvelle épidémie de tordeuse.

Le dispositif étaient composé de 2 modalités de première éclaircie commerciale :
  • la première visait à la « conversion structurale des peuplements » (on dirait « irrégularisation ») par la désignation de 200 arbres élites à l’hectare et l’enlèvement de 2 compétiteurs directs pour chacun, et par la réalisation d’une trouée de 200 m² par hectare, située le long des cloisonnements sylvicoles. Dans chaque trouée, le sol a été scarifié pour faire apparaître la roche et ainsi favoriser la régénération de l’épinette noire. La désignation des arbres élites a été faite par les gestionnaires, et le choix des arbres à abattre a été confié aux conducteurs d’engins après quelques consignes expliquées directement sur site. On observe déjà l’installation de semis d’épinette, mais aussi de bouleau jaune qui est une essence commerciale fortement recherchée et également appréciée de l’orignal. Dans un second temps, il est envisagé de désigner de nouveaux arbres objectifs pour atteindre 350 tiges à l’hectare, ainsi que de réaliser de nouvelles trouées pour atteindre 2 trouée à l’hectare.
  • la seconde modalité consiste en une opération d’éclaircie commerciale mécanisée, plus classique, par le bas. L’intervention aboutit à prélever les bois de façon systématique, à hauteur de 28 à 35 % du volume initial (ici, le prélèvement était de 35 %, dont 11 % pour créer les cloisonnements et environ 25 % répartis dans le reste du peuplement). Le diamètre moyen est ainsi passé de 15,2 à 16 cm.


Résultat de la modalité 1 (désignation)

La seconde modalité correspond à la sylviculture majoritairement appliquée dans la région (80% des peuplements) tandis que la première constitue une démarche plus récente qui devrait porter sur 15% des surfaces. Les 5% restants correspondent à des opérations d’éclaircies mécanisées, mais préalablement martelées : cette intervention est justifiée par l’importance des dégâts dans les houppiers liés aux conditions climatiques. Les machinistes ne peuvent en effet pas les voir et donc pas choisir efficacement les arbres à enlever.

Ce qui nous a marqué dans cette visite, c’est la vision industrielle de la foresterie : comment le forestier au Québec envisage toujours sa sylviculture par rapport à la possibilité de récolte et aux produits attendus par l’industrie. La réflexion sur l’irrégularisation des structures nous semble être une idée très novatrice par rapport au contexte québécois, et pose question du côté des industriels qui craignent qu’une telle sylviculture s’accompagne d’une baisse de disponibilité de la ressource.

Par ailleurs, nous avons été surpris de constater la vitesse à laquelle cette réflexion a été traduite en termes d’expérimentation concrète. 

Article rédigé par Jérôme, Aurélia et Lola

Poursuite du congrès eCANUSA de Rismouski : une approche sociale de la foresterie

Samedi 18 octobre, la journée a été introduite par Jerry Franklin, de l’Université de Washington, considéré comme l’un des pères de la foresterie écologique (Ecological foresty).

Il a évoqué la transition d’une foresterie productiviste, concentrée sur l’exploitation de volumes de bois et la rapidité des retours sur investissements, à une foresterie qui s’intéresse davantage au fonctionnement des écosystèmes et qui s’inspire des dynamiques naturelles.

Dans la vision développée par Jerry Franklin, la foresterie s’assimile davantage à une science sociale dans la mesure où elle a pour rôle de concilier les différents usages de la forêt. Cette approche nous a semblé particulièrement novatrice dans le contexte Nord-américain, où la foresterie est plus habituellement abordée de façon productiviste.

Le congrès s’est terminé après une dernière série de sessions, portant sur l’écologie forestière, les dynamiques forestières et les techniques et outils d’inventaire forestier (Lidar et modèles de croissance).


Article rédigé par Jérôme, Aurélia et Lola

dimanche 19 octobre 2014

La multifonctionnalité des forêts françaises et les aires protégées polyvalentes au congrès eCanUSA

Vendredi 17 Octobre, la délégation française a présenté à une partie de l'assistance du congrès les principes de l'aménagement multifonctionnel des forêts françaises.
Il s'agissait de proposer une vision globale de notre gestion, étayée d'exemples concrets en guise de parallèle avec l'aménagement écosystémique québécois.

Les points suivants ont été développés
  • Multifonctionnalité et planification
  • Multifonctionnalité et sylvicultures
  • Multifonctionnalité et territoires 
Pour consulter la présentation cliquez ici
Et en version anglaise cliquez ici

Par ailleurs, François Brassard a présenté le projet d`aires polyvalentes au Québec, qui consiste a rendre mutuellement bénéfiques la conservation de la biodiversité et l`utilisation durable des ressources naturelles.

Pour consulter la présentation cliquez ici

vendredi 17 octobre 2014

La recherche au service de la gestion forestière

Ce vendredi 17 octobre, nous avons participé au 7ème congrès EcanUSA (Est du Canada et USA) de sciences forestières ayant pour thème principal l'optimisation de l'aménagement forestier écosystémique (voir notre billet précédent). Il rassemblait chercheurs, étudiants, professionnels de la filière, ministères et société civile du Québec, et en particulier du Bas Saint-Laurent (région de Rimouski).

Pour remettre en contexte l'objet de ce colloque, le Québec a adopté une nouvelle réglementation forestière en 2010 et applicable depuis mai 2013, qui introduit la notion d'aménagement écosystémique comme pierre angulaire de la stratégie d'aménagement forestier de la Province.

Parmi l'ensemble des présentations auxquelles nous avons assisté, quatre points nous ont marqué en particulier :

  • Du fait d'une foresterie relativement récente (en comparaison avec la France), les québécois disposent d'archives (rapports d'arpentage, photographies anciennes, études polliniques, datation au carbone 14 des charbons de bois enfouis dans les sols, ...) leur permettant de reconstituer une image de la forêt pré-industrielle (avant 1850) considérée comme la forêt de référence. Grâce à ces documents, la recherche forestière a notamment réussi à mettre en évidence l'évolution du cortège d'essences ; les essences pionnières et les plus résistantes au feu (une des perturbations majeures, généralement d'origine anthropique) telles que les peupliers et le bouleau blanc ont connu une large expansion au détriment d'essences comme le cèdre blanc (thuya) ou la pruche.
  • Un orateur rappelle l'historique de gestion entre 1900 et 1960, et met en évidence la non-durabilité de la gestion forestière à cette époque, en raison de la surexploitation de la ressource forestière et de l'expansion incontrôlée des feux d'origine agricole. Les préoccupations actuelles de gestion durable impliquent d'étudier les modalités de renouvellement des peuplements prenant en compte plusieurs facteurs (taille des trouées, pression cynégétique, qualité du lit de germination, origine de la perturbation...) et les dynamiques naturelles.
  • Nous avons ressenti lors des présentations le souci de la communauté forestière de comprendre, pour prévoir, et enfin maîtriser, l'évolution potentielle des peuplements forestiers à court, moyen et long terme, dans le souci de répondre à des attentes plurielles. Cela se justifie d'autant plus que de nombreux peuplements du Bas Saint-Laurent sont des peuplements jeunes (inférieurs à 20 ans). Comme enjeux, ont par exemple été mentionnés le cas du caribou montagnard fortement perturbé par la gestion forestière, ou bien le cas de l'érable pouvant être considéré comme "invasif" dans certains contextes. 
  • Enfin, l'évolution des connaissances scientifiques permet de renseigner sur l'évolution passée des peuplements forestiers, et de s'interroger sur les mesures de gestion à mettre en œuvre pour les forêts du futur. Mais que seront les forêts du futur ? Ce qui est certain, c'est qu'elles devront répondre entre autres à des attentes sociétales, en particulier pour concilier conservation de la nature et développement économique. Des innovations en matière de technologie du bois pourraient permettre de mieux valoriser la ressource à l'avenir.

Article rédigé par Isabelle, Zoë et Jérôme


L'aménagement écosystèmique des forêts: la nouvelle notion phare de la gestion des forêts québécoises

L'aménagement écosystémique des forêts constitue une vision écologique appliquée à l'aménagement durable des forêts. Sa mise en oeuvre vise à assurer le maintien de la biodiversité et de la viabilité des écosystèmes en diminuant les écarts entre la forêt aménagée et la forêt jugée "naturelle". Elle vise, en même temps, à répondre à des besoins socio-économiques, dans le respect des valeurs sociales liées au milieu forestier.

Il ne s'agit pas de recréer la forêt originelle, mais de s'inspirer de son fonctionnement.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Personne-référente: Jean Pierre Jetté (ingénieur forestier au sein du ministère en charge des forêts). Jean-Pierre a présenté lors du colloque ECANUSA les grandes lignes de l'aménagement écosystémique, instaurée par la loi sur les forêts de 2010, et mis en oeuvre depuis mai 2013. La réflexion doit se poursuivre en intégrant davantage la dimension économique.

Introduction à l'histoire de la foresterie québécoise et au principe de la conservation


Nous avons été accueillis par la Société d’Histoire forestière du Québec pour introduire cette tournée québécoise.
La première intervention de Luc Bouthillier, professeur titulaire de l’université de Laval, nous a offert un panorama global de l’histoire de la foresterie au Québec qui est marquée par plusieurs approches successives :
- De 1763 à 1848 : la consolidation des colonies : l’arrivée des français puis des britanniques a permis la structuration d’une économie du bois, basée notamment sur l’exportation vers la Grande-Bretagne de bois destiné à la construction.
- De 1849 à 1968 : le développement de l’industrie papetière : conscients de la richesse de leur ressource, les gouvernements ont permis des investissements de capitaux étrangers en l’échange de concessions d’exploitation.
- De 1969 à 1985, suite à un souhait de réappropriation de cette ressource, les concessions mises en œuvre au profit des industriels de la filière bois sont révoquées, une nouvelle approche émerge mettant sur un même plan développement industriel et développement local.
- De 1986 à 2013, des clauses de gestion durables des forêts apparaissent dans les contrats d’approvisionnement. La prise de conscience du pillage de la ressource bois est générale et la mise en œuvre d’une gestion durable devient un enjeu politique.

 Les sentiments des québécois pour leur forêt nous ont été présentés comme très contrastés :
-          Un espace à conquérir pour l’expansion des espaces agricoles
-          Un espace dangereux, lieux de vie des communautés autochtones
-          Un capital inépuisable source de richesses
-    Plus récemment, une prise de conscience collective pousse à une évolution de la politique forestière (aménagement écosystémique, forêt habitée, prise en compte des communautés autochtones)

La présentation de Luc Bouthillier est disponible en suivant ce lien.

La présentation s’est poursuivie par une intervention de Cynthia Patry, employée par l’ONG Corridors appalachiens qui vise à concilier foresterie et conservation. Il s’agit d’une organisation partenariale qui conseille et accompagne les propriétaires privés dans leur volonté de s’engager dans une démarche de conservation.
L’organisation travaille sur un territoire de 3500 km² au Sud-Ouest du Québec (Estrie) sur lesquels ont été identifiés les secteurs à forts enjeux environnementaux (ensembles forestiers, corridors écologiques,…). Elle propose aux propriétaires la mise en place d’outils de conservation de la biodiversité sur leur propriété.
Plusieurs niveaux de conservation sont offerts selon les usages de la forêt de chaque propriétaire allant d’une conservation intégrale (excluant la présence de l’homme) à la mise en place de clauses environnementales.
Cette politique de conservation est soutenue financièrement par Nature Conservation (ONG internationale).

Trois grands outils ont été mis en œuvre:
- le don en l’échange de crédit d’impôts ;
- la servitude environnementale en l’échange de crédits gradués en fonction du niveau d’exigence ;
- la réserve naturelle en l’échange d’exonération fiscale (foncier).

La lisibilité de ce dispositif et le dynamisme de l’association a conduit à des résultats impressionnants ! Les surfaces protégées sont passées de 400 ha à 11 500 ha entre 2000 et 2014.

La présentation de Cynthia Patry est disponible en suivant ce lien.


Article rédigé par Aurélia et Grégoire

jeudi 11 septembre 2014

Programme de la mission d'octobre 2014

Bonjour,

Voici la programmation des activités pour le voyage retour (voyage d'étude de l'équipe française au Québec) :





Jeudi 16 octobre : Rencontre avec la Société d'histoire forestière du Québec (SHFQ) (Québec)

La SHFQ dressera un portrait des villes et villages forestiers du Québec en relation avec le parcours qui sera emprunté par la mission française. Elle exposera l’évolution du rapport à la forêt des communautés régionales et locales du Québec, en lien avec l’industrie forestière, tout en incluant le rôle des nations autochtones. Les conférenciers suivants sont au programme de cette rencontre :

  • M. Luc Bouthillier, (UniversitéLaval) : Évolution forêt- villes et villages
  • Mme. Cynthia Patry, (Corridor appalachien) : l’exemple du corridor appalachien

Personne ressource : M. François Rouleau, économiste et directeur général de la Société d’histoire forestière du Québec.

·        Départ pour Rimouski en après-midi (coucher à Rimouski).

Vendredi 17 et samedi 18 octobre : Participation au colloque eCanUSA

L’Université du Québec à Rimouski sera l’hôte du 7e Congrès CANUSA de l’Est en sciences forestières du 16 au 18 octobre 2014. Le thème de cette édition porte sur l’optimisation de l’aménagement forestier écosystémique (AFÉ). L’AFÉ constitue la pierre angulaire du nouveau régime forestier au Québec et les défis que cela pose interpellent les scientifiques forestiers de divers horizons. D’ailleurs, le concept d’aires protégées polyvalentes en développement au Québec s’inspire grandement des notions de l’AFÉ. Les membres de la mission française sont invités à participer à ce colloque et à faire une présentation.

Personne ressource : M. Luc Sirois, titulaire de la Chaire de Recherche sur la Forêt habitée de l’Université du Québec à Rimouski.

·        Vendredi 17 coucher à Rimouski et samedi 18 coucher à Matane.

 Dimanche 19 octobre : visite de la réserve faunique de Matane

Visite de différents sites sur le terrain liés aux enjeux d’aménagement des forêts, de la surpopulation d’orignaux, de la raréfaction de certaines espèces d’arbres, de la création de valeur forestière (bois, faune et tourisme) et de la naturalisation des plantations

Personne ressource : M. Jean-François Lamarre, ingénieur forestier à la Sépaq.

·        Coucher au Parc national de la Gaspésie.

 Lundi 20 octobre : Parc national de la Gaspésie

Rencontre avec les gestionnaires du Parc national. Visite de différents sites liés aux enjeux de protection du caribou montagnard, de la gestion des prédateurs et des proies alternatives. Discussion sur la stratégie de développement touristique du territoire en lien avec les réserves fauniques et le concept d’aires protégées multicatégories.

Personne ressource : M. Pascal Levesque, directeur du Parc national de la Gaspésie.

·        Coucher au Parc National de la Gaspésie.

Mardi 21 octobre : journée de transport.

·        Coucher à Essipit

Mercredi 22 octobre : Territoire de la communauté d’Essipit

Rencontre de la communauté d’Essipit et visite du territoire traditionnel. Exposé sur le plan de gestion et les enjeux forestiers et fauniques, dont ceux liés à l’habitat du caribou forestier et à la valorisation du patrimoine culturel autochtone.

Personne ressource : M. Marc St-Onge, ingénieur forestier pour la communauté d’Essipit

·        Coucher à Petit-Saguenay.

Jeudi 23 octobre : Territoire de la communauté de Petit-Saguenay

Rencontre avec les représentants de la communauté forestière de Petit‑Saguenay et du Parc national du Saguenay. Visite des sites de restauration socio-économique et forestière. Visite de l’usine de transformation des bois, de sites d’opération forestière et d’une bleuetière.

Personne ressource : M. Jean Bergeron, agent de développement.

·        Coucher à Duchesnay.

Vendredi 24 octobre : Station touristique Duchesnay (station forestière)

Rencontre de représentants de la direction de la recherche forestière, de la station touristique ainsi que du Centre d'enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO). Visite terrain : comment restaurer les forêts feuillues qui ont été écrémées tout en assurant la rentabilité économique et conservation de la biodiversité ? Visite des forêts aménagées pour la production du bouleau jaune.

Personnes ressources :
·        M. Steve Bédard, ingénieur forestier et chercheur en sylviculture. Direction de la recherche forestière du Québec, Ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs,
·        M. Guy Lessard, ingénieur forestier au CERFO
·        M. Yannick Dufour, ingénieur forestier de la Sépaq.

·        Coucher à Duchesnay

Samedi 25 octobre : Forêt d’enseignement et de recherche de l’Université Laval

Visite des modèles d’aménagement forestiers développés pour la sapinière boréale. Atelier sur la création de valeur, l’aménagement écosystémique, l’adaptation aux changements climatiques et la conservation de la biodiversité.

Personne ressource : M. Louis Bélanger, directeur du programme BAC intégré en environnements naturels et aménagés. Université Laval.


Table ronde sur le projet de coopération France Québec : bilan de la visite, croisement des perspectives et suites du projet. Animée par Patrick Beauchesne, directeur de la Direction de l’écologie et de la conservation.